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À quoi je sers ?

Le bonheur est aussi une question de perspectives. Pour Martin Seligman et la psychologie positive, l’une des dimensions qui favorise le plus le bonheur se trouve dans « la vie significative » (the meaningful life), c’est-à-dire la dimension de notre vie qui dépasse notre propre existence. Tal Ben-Sahar évoque également le bonheur des gens qui sont capables de replacer leur activité professionnelle dans une perspective plus large qu’eux-mêmes pour y trouver du sens. Cela me fait penser à la fable des casseurs de cailloux : un homme chemine le long d’une route. Sur le chemin, il croise un premier ouvrier qui s’éreinte à casser des cailloux. « Que faites-vous donc ? » lui demande l’homme. « Vous le voyez, répond l’autre, je me brise à casser des cailloux ». Un peu plus loin, l’homme rencontre un deuxième casseur de cailloux : « Que faites-vous donc ? » demande-t-il à nouveau. « Je travaille pour nourrir ma famille, c’est tout ce que j’ai trouvé et c’est mieux que rien » répond celui-ci. Encore plus loin, l’homme rencontre un troisième casseur de cailloux : « Que faites-vous donc ? » demande-t-il encore. « Moi, Monsieur, je construis une cathédrale ! » répond ce dernier avec passion. Les trois personnages font exactement la même chose. Mais lequel, à votre avis, est le plus heureux ? Pour lequel casser des cailloux est-il le plus pénible ? Continue reading

« Merci pour… »

L’expression de la gratitude fait l’objet d’un petit exercice dans le livre de Tal Ben-Sahar, se retrouve chez Martin Seligman sous la forme d’une lettre, et vous en trouverez facilement d’autres variantes dans vos lectures tellement son utilité semble unanimement reconnue. Je le pratique moi-même depuis plusieurs mois, et j’en reconnais les vertus. Il s’agit de s’arrêter quelques minutes chaque soir pour se demander ce qui, dans la journée, provoque notre reconnaissance. En ce qui me concerne, ça va de « je suis reconnaissante pour avoir rencontré une belle personne »  à « je suis reconnaissante qu’il n’ait pas plu quand j’attendais dehors sans parapluie… ». L’idée est de prendre le recul nécessaire pour reconnaître les gestes, les hasards, les gens, les détails qui nous facilitent la vie ou embellissent notre journée. Rien que ce petit travail de recherche nous rappelle – voire nous ouvre les yeux – sur les nombreuses choses positives que nous recevons sans même parfois nous en rendre compte. Leur dire merci intérieurement est une façon de leur reconnaître de la valeur et de se rappeler qu’elles ne sont pas acquises. Je suis d’accord avec le commentaire d’Oprah Winfrey à propos de cet exercice : « si on se concentre sur quelque chose, elle s’amplifie ; si on se concentre sur les bonnes choses de la vie, elles seront de plus en plus nombreuses ». Vous l’avez sans doute expérimenté à propos des mauvaises, justement (une pensée négative a tendance à tourner en boucle et à grossir…). Comme le disait le philosophe Alain dans Propos sur le bonheur, l’esprit va naturellement vers le chagrin, voir tout ce qu’il y a de positif et se rendre heureux demande un effort d’attention. Voilà donc un exercice pour entraîner notre pensée dans la bonne direction ! Et comme un cercle vertueux a tendance à grossir, les psychologues constatent que pratiquer cet exercice a en effet de nombreux effets bénéfiques : les personnes qui le pratiquent sont plus dynamiques, plus optimistes, plus généreuses, plus serviables, en meilleure santé… Aucune réserve, donc, pour s’y mettre dès ce soir !

Pas besoin des autres pour être heureux ?

Bah tiens… tous nos philosophes depuis l’antiquité sont arrivés précisément à la conclusion que nous ne saurions être vraiment heureux seuls. Il n’est pas jusqu’à la psychologie positive qui constate qu’au contraire, une vie sociale dense est un facteur significatif de bonheur. Et même que les extravertis sont globalement plus heureux que les intravertis. Vous doutez ? Alors en bon philosophe à l’esprit critique, nous allons tester l’assertion par son contraire : et si moi, je veux soutenir que je n’ai besoin de personne pour être heureux ? Continue reading

La psychologie positive

Qu’est-ce que la « psychologie positive » ? Première chose : elle ne doit pas être assimilée à la « pensée positive ». À l’origine, la pensée positive désigne la méthode curative inventée en 1900 par le célèbre pharmacien Émile Coué et qui consiste à se répéter plusieurs fois par jour, dans un état de semi-hypnose, la phrase : « tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux ». Cette méthode, qu’il faut évidemment replacer dans son époque, a eu des résultats spectaculaires ayant permis la découverte du placebo. La méthode Coué est aussi à l’origine de tout un pan du développement personnel qui consiste à enjoindre chacun à considérer la vie de façon positive en toutes circonstances et qui surfe de façon plus ou moins sérieuse sur la vague prometteuse du « il suffit de penser positif pour voir sa vie s’améliorer »… Continue reading